Ma première rencontre avec Hrodland ? Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était en 1997, juste après la publication dans "XLetters" d'une série de réflexions sur la fin du siècle, et  le passage en l'an 2000, "qui ne signifie rien, sinon un salut à la gloire des zéros (François JACOB)". J'écrivais alors quelques lignes, en tant que critique, dans "Lit et Rature", mensuel aujourd'hui, hélas, disparu. Il m'avait été demandé un court article sur un jeune inconnu à l'écriture étonnante, improbable, mélange moqueur philosophico-éthno-religieux (ou religio-philosophico-éthnique, l'ordre des mots importe peu).

J'avais rendez-vous en début d'après-midi, à 14 heures pour être précis : Hrodland n'aimait pas -n'aime toujours pas- les rendez-vous le matin, surtout de fin de matinée, souvent annonciateurs d'une invitation à déjeuner. Il n'aime pas tout ce qui touche au manger.

Il m'accueillit sur le pas de sa porte, un immense sourire aux lèvres. Tout de suite, il me fit visiter sa maison, me présenta à sa batterie (la musique adoucit les moeurs !), me montra ses ordinateurs, son univers personnel. Nous engageâmes une longue discussion, à battons rompus, dont il ne sortit rien d'autre qu'une grande amitié.

Sa femme, Dame Geneviève, vint nous rejoindre. Discrète, elle ne prit pas part à la conversation. Elle nous offrit quelques rafraichissements. J'en profitait pour faire quelques photos, dont celle-ci, qui reflète bien un des thèmes de notre entretien : "aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction" (Saint-Exupéry)".
Roland et Geneviève